Suivi piscicole en Seine et en Marne

Depuis 1990, le SIAAP effectue un suivi du peuplement piscicole de la Seine et de la Marne en région parisienne, en partenariat avec l’ONEMA : Office national de l’eau et des milieux aquatiques. Ces pêches permettent de suivre l'évolution de l'impact des activités humaines sur les cours d’eau et des efforts faits en assainissement, par les niveaux de traitement et la gestion des flux. Les poissons font l’objet d’un recensement sur 12 sites et d’un suivi des micropolluants contenus dans leurs chairs sur 6 sites. L’étude des peuplements de poissons de Seine et de Marne montre depuis plusieurs années une tendance d’évolution assez positive. On observe un retour discret d’espèces sensibles depuis trois ans.

LA SURVEILLANCE DES COURS D’EAU

© SIAAP

Dans le cadre de la reconquête du bon état écologique des eaux, le SIAAP effectue un suivi des deux principaux cours d’eau de l’agglomération parisienne, la Seine et la Marne, où il rejette chaque jour 2 500 000 mètres cubes d’eau épurée par ses six usines. Pour appréhender l’impact de ses installations, le SIAAP a mis en place plusieurs réseaux de mesures :

  • la qualité physico-chimique (polluants, température, etc.)
  • la qualité bactériologique
  • l’oxygène dissous
  • la qualité hydrobiologique (basée sur des espèces vivantes : insectes, crustacés, mollusques, vers, algues et poissons).

Voir la carte des stations d’études et de mesure du SIAAP

L’étude des peuplements piscicoles apporte des éléments pertinents sur l’évolution de la faune des cours d’eau. Les poissons sont le plus haut maillon du réseau trophique d’un cours d’eau. La sensibilité ou la résistance de certaines espèces aux polluants présents dans l’eau ou les sédiments les rendent représentatifs du fonctionnement des milieux aquatiques. Ils  permettent une vision de long terme sur le fonctionnement du cours d’eau que ne peuvent donner les analyses physico-chimiques.

LES PÊCHES ÉLECTRIQUES

© SIAAP

L'échantillonnage des poissons se fait par pêches électriques l’été le long des berges. Cette méthode, non exhaustive, permet l’évaluation de la qualité du peuplement piscicole et surtout de son évolution. Les poissons sont électrisés puis relâchés vivants après étude.

Les poissons sont soumis à un courant électrique continu généré par deux électrodes plongées dans l’eau. La cathode reste immobile, accrochée au bateau, alors que l’anode est manipulée par le pêcheur. Le courant perturbe le système nerveux des poissons, qui cessent de bouger, puis génère un mouvement contraint des poissons vers l’anode. La capture s’effectue ensuite à l’épuisette.

Voir le diaporama en photos du déroulement d’une pêche électrique

On recueille trois types d’informations :

  • identification par espèce et dénombrement
  • mesure
  • observation de l'état sanitaire.

Ces mesures, appelées biométrie, servent de base pour caractériser les populations de poissons et suivre leur évolution spatiale (le long des cours d’eau) et temporelle (interannuelle). Un diagnostic sur la qualité écologique des rivières est alors possible.

LES ESPÈCES DE POISSONS EN RÉGION PARISIENNE

© SIAAP

Les pêches scientifiques ont permis de démontrer que 30 espèces vivent en Marne et 32 en Seine. Selon les années, le nombre d’espèces observées varie. En 2013, 21 espèces ont été recensées en Seine et en Marne.

Voir les résultats sous forme de graphiques

L'INDICE POISSON RIVIERE

© SIAAP

L’Indice Poisson Rivière (IPR – norme NF-T90 344) est un outil permettant d’estimer l’état écologique de la population de poissons d’un cours d’eau. Cet indice biologique permet de compléter le diagnostic sur la qualité d’un cours d’eau réalisé avec les analyses physico-chimiques traditionnelles.

C’est un indicateur qui ne peut s’utiliser que sur du long terme (plusieurs années) car les populations de poissons évoluent lentement.

La Seine et la Marne en région parisienne se placent dans la catégorie « bon état des peuplements piscicoles » depuis 2011.

Voir le mode de calcul de l’IPR et les résultats sous forme de graphiques

LES MICROPOLLUANTS DANS LES CHAIRS DES POISSONS

Dissection d'un Gardon © SIAAP

Sur deux espèces (anguilles et gardons), des analyses sont effectuées sur les muscles pour déterminer les teneurs de différents polluants, tels que les métaux lourds (mercure, zinc), pesticides et PCB (polychlorobiphényles : micropolluants de synthèse). Ces résultats constituent une information environnementale de la qualité des milieux.

Voir les résultats

FOCUS

… ET APRÈS L’AGGLOMÉRATION PARISIENNE ?

Au niveau du barrage hydroélectrique de Léry-Poses dans l’Eure, le dernier barrage sur la Seine avant son embouchure située à 160 kilomètres, une échelle à poissons a été mise en place pour permettre la remontée des poissons migrateurs, accompagnée d’un système de vidéocomptage cofinancé par le SIAAP depuis plusieurs années.

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La campagne de pêche

Ces photos ont été prises lors d’une campagne de pêche électrique du SIAAP en juillet 2013, sur deux sites : Bonneuil-sur-Marne (94) et...